Cette une Réforme structurelle, pas une réforme pour les STI !

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Cette une Réforme structurelle, pas une réforme pour les STI !

Message  laam40 le Jeu 28 Oct - 3:18

Laam40 - Prof en STI Electronique – Sète
Pour commencer, pardonnez-moi cher(e)s collègues la longueur de mon texte.

Je ne suis pas content de cette réforme STI, encore moins l’approuver et je le prouve !

L’an dernier, je savais que mon poste allait "sauter". Raison invoquée : manque d’effectif !
En même moment, j’avais appris que les effectifs des toutes les classes de première STI pour 2010-2011 sont limités à 15 élèves maximum. Ordre donné pour ne pas dédoubler les classes.
Alors, dans une réunion sur la réforme des STI, j’ai posé des questions à notre IA-IPR :
Q : Si un élève, sérieux et bien motivé, demande la 1ère STI électronique mais, il se trouve 16ème
sur la liste, que fera-t-il ?
R : Il ira voir ailleurs !
A réponse expéditive, réaction un peu vive !
Q : Où ailleurs, puisque ce sera par tout pareil ?
R : Nous ne somme pas là pour polémiquer. La réforme, elle est là ! […]

En effet, en septembre, un élève est venu pour s’inscrire en 1ère STI Electronique. La réponse était, évidemment, non c’est complet. Il a tenté dans un 2ème établissement, la réponse était identique. Il a fini par atterrir dans un 3ème établissement privé celui-ci !
On savait que l’enseignement public était en agonie mais là, c’est certain, c’est plus grave !
En tout cas, la filière STI.

Alors comment approuver cette réforme qui prive cet élève d’un enseignement "gratuit" et qui, par ricochet, me prive, moi aussi, d’un poste ! A 16 élèves en 1ère, je pouvais espérer le dédoublement de cette classe ! Il n’en est rien. C’est effectivement un problème d’effectif !
J’arrête un instant de regarder mon poste. Après tout, sans les élèves je ne suis rien (professionnellement parlant), je regarde donc du côté des élèves.
- Combien d’élèves ont-ils subi se refus à la rentrée 2010 ?
- Désormais, combien d’élèves qui voudront un enseignement public de spécialité STI mais le
Lycée public ne peut pas les accueillir faute de place ?
- Ceux-là, s’ils n’ont les moyens de s’offrir les enseignements payants, que deviendront-ils ?

Des questions qui demeurent sans réponses.

A la lecture du rapport de l’inspection Générale d’Administration de l’Education Nationale et de la Recherche (IGAENR-Juillet 2010 - qui aurait dû rester confidentiel), j’ai compris que nos IA-IPR ne peuvent pas grand-chose devant la machine rouleau compresseur qu’est la loi LMPF (Loi de Modérnisation de la Fonction Publique) ainsi que le dispositif RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques). De ce fait, mon IA-IPR ne voulait pas la polémique. Je le comprends. D’ailleurs, nos IA-IPR ont droit de réponse.
Rapport IGAENR : http://www.snes.edu/Rentree-2010-Rapport-de-l-IGAENR.html

Cependant, une certitude incontestable, dans cette "école" reformée, "Jules Ferry" n’a plus sa place !
Il serait d’ailleurs très utile que les fédérations de parents d’élèves se penchent sur ce problème pour savoir combien d’élèves sont dans le même cas que "J. Ferry". D’exprimer un refus catégorique de surcharge des classes dès lors que cette surcharge est d’ordre purement économique. Ainsi, on peut espérer infléchir le nombre d’élèves qui quittent l’école sans qualification, même si le LGT n’en ai pas la grande source (*). N’oublions pas qu’avant d’être profs nous sommes parents et que, naturellement, nous soutiendrons ces fédérations.
L’appel est donc lancé à ces fédérations pour défendre "Jules Ferry", pour la 1ère fois dans l’histoire de son école il se sent male !

(*)Note d’information (page 3 Graphe 3) émanant du MEN (Ministère de l’Education Nationale) :
http://media.education.gouv.fr/file/2010/81/2/NIMEN1012_152812.pdf

En conclusion, refuser l’inscription à un élève pour ne pas dédoubler une classe et, en surcharger d’autres au détriment de la qualité d’enseignement ne peut que désavouer la justesse de cette réforme.

Il est évident que le but de la réforme du lycée est, notoirement, la réduction des dépenses publiques même si tout est fait pour nous faire croire le contraire. Cette réduction des dépenses est prévue par la Loi RGPP de façon générale, et l’application de la Loi Mobilité et Parcours Professionnels dans la Fonction Publique (LMPPFP) de façon particulière.
- Doc qui aurait dû rester confidentiel : http://www.sncl.org/documents/actualite/141/44.pdf
- Doc officiel :
http://www.google.fr/url?sa=t&source=web&cd=1&ved=0CBcQFjAA&url=http%3A%2F%2Fq.liberation.fr%2Fpdf%2F20100531%2F25908_le-plan-pour-la-reduction-de-postes-dans-l-education.pdf&ei=CczGTKj3Ioak4AbWyIzwDw&usg=AFQjCNE08trJRactWV5re3sWlvVtNY7BxQ

Soyons clairs. En réalité, le raisonnement est le suivant : les lycées (établissements publics) subissent une restructuration de leur secteur STI, des postes sont donc supprimés (LMPPFP Art. 7) ex. le mien. De ce faite, l’élève ne peut être accueilli dans cet établissement car ce dernier est sous l’application du paragraphe : "améliorer l’organisation scolaire en optimisant le réseau des établissements et leur gestion" prévu dans la loi RGPP.

Doc LMPPFP, rubrique 3 - Textes de références – Texte de loi
http://www.cdg29.fr/mobilite.html
Doc RGPP - Conseil de modernisation des politiques publiques (Juin 2010).
http://www.rgpp.modernisation.gouv.fr/fileadmin/user_upload/EducationNationale.pdf

Pour plus d’info sur la réduction des dépenses dans l’éducation nationale, consultez le rapport de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) "Regard sur l’éducation 2007 en France" pages 13 à 16 en suivant le lien : http://www.oecd.org/dataoecd/22/3/39317170.pdf

L’éducation des citoyens est donc assujettie à ces lois qui réduisent les moyens de façon drastique.

Dégraisser le mammouth - Claude Allègre en a rêvé, d’autres l’ont fait !

A cette occasion, j’invite ceux et celles qui le souhaitent à signer les pétitions mises en ligne par :
par : FGF-FO : http://www.fo-fonctionnaires.fr/petition.html
et SNES : http://www.snes.edu/petitions/index.php?petition=15&signe=oui

Je suis pour une réforme des STI, plus particulièrement la section électronique dont le référentiel n’a pas changé depuis 1992 ! Et tous les collègues connaissent la difficulté de devoir appliquer un programme vétuste tout en évitant de se couper de la réalité industrielle. Notre vigilance, de tout instant, est de rester attractif et surtout crédible quant aux attentes de l’élève qui choisi cette branche.

Avec recule, Il est vrai que ce programme (de 92 !) inadapté a fait du tort à la filière par un effectif toujours serré depuis une dizaine d’années. J’ai toujours dit que le bac électronique est un faux bac S. En effet, même si les maths et la physique dispensés en électronique sont de niveaux moindres que ceux dispensés pour le bac S, il n’en demeure pas moins que les raisonnements et les rigueurs exigées dans le deux Bacs sont de niveaux comparables. D’où le décalage entre l’attente de l’élève quand il demande cette filière Electronique et la réalité qu’il vit tout au long de sa formation. La quasi totalité des mes élèves avouent qu’ils croyaient que le bac électronique était plus facile que le bac S ! Cependant, certains d’entre eux arrivent à poursuivre leurs études en classes prépa, écoles d’ingénieurs et même à l’école polytechnique de Montpellier (1 cas) !

Nous ne pouvons qu’être fiers de la qualité des enseignements que nous leur fournissons et des bons taux de réussite, au bac, constatés et rarement discutés même si tout n’est pas parfait.

Alors, quand j’entends que la nouvelle réforme vise le niveau M2 minimum pour les STI, je reste dubitatif et beaucoup de questions se posent :

• Les IUT qui ont étés mises en place pour les élèves provenant principalement de STI. Leur recrutement a dévié insidieusement vers le vivier bac général délaissant ainsi les STI au point que les IA-IPR, outrés par cette dérive, entendaient bien faire le nécessaire pour rappeler à ces instituts de se recentrer sur ce à quoi ils étaient conçus, c. à d. le recrutement en priorité des STI. Cette réforme ne semble pas s’en préoccuper.

• Les STI à l’origine, et en général, n’ont pas la formation nécessaire et suffisante pour poursuivre les études universitaires même si quelques uns de nos élèves ont franchi ces portes. La réforme affiche son objectif M2 pour tous. Or, M2 c’est bien des études universitaires que je sache. Il y a là deux choses qui me gênent.
o Primo, aller en M2, à fortiori, c’est faire des études longues. Mais notre génération de "zappeurs" aura-t- elle l’envie et surtout la patience, condition sine qua non, pour une hypothétique réussite ?
Personnellement, j’en doute.
o Secundo, aller en M2 de façon massive pour ces élèves, même si l’on peut penser que le taux de
réussite sera au RDV, quelle est, et quelle sera, la position des industriels pour le recrutement de ses
futures universitaires ? Cette réforme ne dit rien sur les débouchés pour les M2 dans 7 ans. Pour
l’instant, on réforme et on verra après !

• L’enseignement jusqu’ici dispensé en STI est riche, dense et de qualité. Cependant, il est évident qu’il faut l’alléger ou, plus exactement, le repenser et l’adapter d’où la nécessité de sa réforme. La réforme actuelle se veut ambitieuse. Elle n’a, hélas, d’autre ambition que de demander plus aux profs, avec moins de moyens et moins de personnels, sans retour en terme de carrières. Quant aux programmes concoctés pour nos élèves, leurs contenus savoirs sont très superficiels pour des filières de spécialité, et les savoirs faire se limitent à la formation via la vidéo projection pour des futures techniciens. Est-ce qu’on peut dire que l’on forme encore des techniciens sans que ceux-ci n’aient jamais réellement mis la main à la pate ? C’est franchement non.
Les vrais techniciens sont, et seront encore davantage, en Asie entre autre. Est-ce cela l’ambition pour les élèves et leurs profs ? Est-ce cela qu’on veut pour notre pays ?

• Les négligés de cette réforme, les méprisés, dois-je dire. Nous, profs de STI, espérions :
o une reconnaissance du fait que nous assumons pleinement nos missions pédagogiques avec
beaucoup de talents face à un public, de plus en plus difficile, que nous arrivons à porter vers le haut.
Notre engagement pédagogique au service du public au lycée technique est connu et est reconnu.
Pourquoi ce mépris aujourd’hui ? Nous ne comprenons pas !
o une revalorisation de ce métier qui, depuis toujours, nous contraint à nous investir sans
relâche et qui nous pousse à fournir les efforts nécessaires à l’adaptation aux technologies qui évoluent
à vitesse V. C’est notre métier et il nous passionne au point de plus compter le temps pour la
transmission des savoirs faire (TP). Il faut vraiment être prof en STI pour le comprendre ! Cette réforme
me démotive.

Pas de reconnaissance, pas de revalorisation ! Pire même. On exige de nous une polyvalence moyennant une formation (250 heures) dont une dizaine d’heures en présentiel, le reste du temps c’est à la maison. Hallucinant ! Lire le post de Pascal : Prof unique STI2D & Formation

Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Ils iront même jusqu'à nous virer et nous remplacer par des intérimaires et/ou des non titulaires (loi mobilité Art. 3) sans expérience en la matière.
Au fond, ce n’est pas gênant de ne pas maitriser les savoirs. Je veux dire que, étant électronicien, même si je ne maitrise pas, le génie civil par ex., et réciproquement, ce n’est pas un problème pour l’enseignement de demain puisque cette même loi mobilité (Art. 3) prévoit que mon poste peut être occupé par un fonctionnaire de l’hôpital, un fonctionnaire territorial voire même par un militaire des lors que ce dernier à le même grade que le mien. On ne regarde plus les compétences. Génial non ? Lire le post : Loi mobilité. Fonctionnaire, sois mobile ou ?…

Si ce n’est pas du mépris pour le métier, alors c’est quoi ?
Ça y est, je sais : c’est le mépris du statut du fonctionnaire ! Monsieur.

Merci d’avoir été patient.

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