La mort des industries actée par l'éducation nationale.

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La mort des industries actée par l'éducation nationale.

Message  bxdfr le Ven 7 Déc - 17:35

Alors que le gouvernement nous parle de réindustrialiser la France, alors que le ministre du redressement productif semble battre la campagne et batailler pour sauvegarder les emplois industriels, le ministère de l'Éducation de son côté a déjà signé l'acte de décès à long terme de l'industrie française en supprimant les 42 spécialités industrielles qu'il proposait jusqu'alors et qui correspondaient aux différentes composantes industrielles de notre pays.
Ainsi, les enseignants du secteur technologique se sont vus imposer de changer de discipline avec un choix impressionnant de 5 nouvelles disciplines (pour 42 auparavant) plus généralistes les unes que les autres. Certes, parmi les 42 anciennes spécialités, certaines n'avaient plus de raison d'être.
En revanche, la plupart avaient et ont toujours une grande réalité dans le monde industriel actuel et avenir. Ainsi, la spécialité informatique et télématique (l'un des cinq secteurs porteurs de notre industrie), a été englobée joyeusement avec le génie mécanique et maintenance, l'électronique, l'automatisme ou encore l'audiovisuel.
C'est bien joli, me direz-vous, mais qu'est-ce que ça change pour nos enfants, et quelles sont les conséquences sur leurs emplois futurs ?
La première conséquence, c'est que les enseignants passant un concours n'ont plus le choix qu'entre 5 disciplines technologiques très généralistes (donc pas du tout spécialisé). Sur les formations prébac, cela n'aura pas vraiment de conséquences, puisqu'avec la disparition des spécialités technologiques au profit d'un bac science et technologie industrielle du développement durable avec de pauvres options qui n'ont rien d'une spécialisation, c'est même plutôt un mieux.
Pour l'administration, c'est encore mieux, puisque ses super profs peuvent enseigner n'importe quoi du collège à bac+2.
En revanche, pour les formations de technicien supérieur qui remplissent indiscutablement un rôle de promotion sociale (la part des étudiants issus de familles d’ouvriers ou d’employés y est nettement plus forte que dans les autres filières d’enseignement supérieur avec un taux de réussite important), cela va poser un véritable problème de compétence des enseignants.
En effet, ses filières proposent une formation diplômante et professionalisante à bac+2 permettant d'accéder au marché du travail (le risque de chômage à trois ans de vie active est parmi les plus
bas observés ). On y forme des techniciens supérieurs compétents dans un domaine d'activité précis (même si parfois le champ est large dans le domaine), il faut donc des enseignants très compétents dans ses domaines.
Or, aucun des 5 nouveaux concours d'enseignant ne permet d'avoir le niveau de compétence requis pour de telles formations.
A terme, cela implique la disparition des BTS, car qui voudrait aller dans une filière où les enseignants ne sont pas capables de vous donner les compétences et les connaissances nécessaires à votre insertion professionnelle ?
Seules les universités seront en charge de former des techniciens ayant un savoir et un savoir-faire adéquat.
Sauf que le taux d'échec à l'université est effrayant, et que l'université est très compétente pour former des individus ayant un grand savoir, mais elle est également connu pour son inefficacité à former des individus ayant un savoir-faire, or notre industrie à besoin de personnes ayant à la fois savoir et savoir-faire.
Même si notre système de formation n'est pas parfait, la grande majorité des étudiants qui décroche un BTS ont des connaissances et un savoir-faire apprécié par les industries de notre pays.

Ainsi, en réduisant considérablement les formations technologiques, l'éducation nationale prépare (sans le savoir/vouloir ?) la pénurie de personnels qualifiés dont nos entreprises ont et auront besoin.

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Message  Dédé le Mar 15 Jan - 20:17

Le constat est tout à fait exact et je le partage en tous points.

Je rajouterais qu'un point qui au delà de la réforme me surprends "encore". La destruction de la filière technologique s'est accompagné d'un bourrage de cranes impressionnant. Devisant avec un principal de collège qu'elle ne fut pas ma surprise de l'entendre réciter la fable comme quoi les filières technologiques n'attiraient plus les jeunes et qu'en conséquence il fallait réformer en profondeur cette filière.
Quand je lui ai annoncé que le dernier référentiel avait 20 ans d'âge et que la plus sûre des façons pour détruire l'enseignement technologique était de laisser pourrir la situation comme cela a été planifié et fait, il a semblé très surpris de mes propos.

Une autre blague se profile maintenant, avec qui remplir des BTS et IUT, mais avec des bac-pro bien sûr... Alors que quelques années en arrière il en était pas question c'est maintenant d'actualité. Et là ça va être sportif... Après avoir fait croire aux bac-pro qu'ils avaient vrai un baccalauréat, on va leur faire croire qu'il auront un BTS. Remarquez tant qu'on ne leur demande pas d'avoir le niveau, on doit pouvoir faire illusion. Le contrôle continu devrait permettre d'arriver à maintenir l'illusion.

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Re: La mort des industries actée par l'éducation nationale.

Message  fplana le Dim 20 Jan - 11:49

Voici un lien vers un site d'information local du Saumurois, les compétences que cherchent les industriels sont plutôt du niveau CAP et BACPRO, mais les difficultés de recrutement sont similaire que pour les niveaux BAC+2 et supérieur.

Le constat en local, que nous avons peu faire en visitant bon nombre d'entreprise industrielles, est que les entreprise recrutent ( PME comprise), pourtant elles n'acceptent pas facilement des stagiaires et des apprentis ( c'est contradictoire, mais dans les deux cas il faut qu'elles dégagent du temps qu'elles n'ont pas), il leurs faut donc une formation extérieure à l'entreprise pour former ou commencer à former des candidats à l'embauche. Voilà pourquoi il y a ce genre d'initiatives ( celle décrite dans l'article ). Pourtant un lycée doit pouvoir assurer ce service !

Cela est rigoureusement notre de mission former, dans notre cas, des bacheliers qui par la suite deviendront des BAC+2 ou plus, qui correspondent aux profils recherchés par les entreprises.................... A condition bien sûr, que nous aussi de notre côté nous arrivions à recruter ! A recruter en nombre suffisant, mais aussi en profil. Parfois ( je dis parfois pour ne pas me faire trop mal) nous sommes amenez à constater dans nos classe, de terminale par exemple, que beaucoup de futur bachelier n'ont vraiment pas le potentiel de devenir en 2 ou 3 ans un vrai technicien supérieur, avec un certain niveau de technicité, d'analyse, d'autonomie et de calcul. Ces bacheliers devenant quand même des techniciens supérieur, ils commencent maintenant à fortement décevoir les entreprises ! Surtout en apprentissage, La cause originelle pour moi est le recrutement....... Et des mailles trop trop trop grande par la suite.

Pour nous laisser crever il suffit de nous laisser nous débattre seuls face à ce recrutement ! de nous laissé nous battre face à des phénomènes de société qui nous dépassent de très loin !

La vrai question est peu être : "Qui veut nous laisser crever ?" ou "Qui a intérêt à nous laisser crever ?"

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